El Gos i el Flascó (VIII)

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   “— Bonic gos meu, gos meu bo, estimat quisso meu, acosteu-vos i veniu a respirar un excel·lent perfum comprat al millor perfumer de la ciutat.”

    I el gos, bellugant la cua, el què és, crec jo, en aquests pobres éssers, el signe corresponent de riure o de somriure, s’acosta i posa curiosament el seu nas humit sobre el flascó destapat; després reculant sobtadament amb esglai, lladruqueja contra mi, a manera de reprotxe.

   “— Ah miserable gos, si us hagués ofert un paquet d’excrements, l’hauríeu flairat amb delícies i potser devorat. Així, vos mateix, indigne company de la meva trista vida, us assembleu al públic, a qui no cal presentar perfums delicats que l’exasperen, sinó brutícies acuradament triades.”


 

    Le chien et le flacon

     "– Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville."
     Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s’approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché; puis reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi, en manière de reproche.
     "– Ah! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d’excréments, vous l’auriez flairé avec délices et peut-être dévoré. Ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l’exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies."

   Charles Pierre Baudelaire

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